Iri Dimako Chordi est une chanteuse, compositrice et productrice éthiopienne.
Il y a des voix qui naissent de plusieurs mondes à la fois. Celle d’Iri Di est de celles-là, une voix qui traverse les continents, les époques et les frontières du son pour tisser quelque chose d’entièrement nouveau.
Née à Hamer, dans la Vallée de l’Omo au sud de l’Éthiopie, Iri Dimako Chordi grandit bercée par les chants polyphoniques de son peuple, une tradition orale millénaire où la voix est à la fois prière, récit et identité. Après une vie partagée entre plusieurs pays et des études à l’Université de Montréal, elle choisit de rentrer à Addis-Abeba, convaincue que c’est là que sa musique doit naître et rayonner.
Autodidacte jusqu’au bout des ongles, elle ne suit pas les chemins tracés. Chanteuse, guitariste et productrice, elle construit son univers sonore de ses propres mains, à la croisée de l’héritage et de l’innovation.
Dans son univers, l’Afrique de l’Ouest dialogue avec le Maghreb, les harmonies pentatoniques s’entrelacent avec des constructions tonales complexes, et les rythmes organiques rencontrent une esthétique digitale résolument contemporaine. Elle intègre le R&B, le jazz et la soul à la trame de ses traditions ancestrales, sans jamais sacrifier l’une pour l’autre.
À travers ses compositions, elle explore la tension fertile entre l’intime et l’universel, entre la mémoire ancestrale et les codes de la génération Z. Sa démarche artistique est avant tout une déconstruction de l’identité éthiopienne à destination des Éthiopiens eux-mêmes autant que du reste du monde. Refusant les clichés, elle ouvre un espace où l’Éthiopie se révèle dans toute sa complexité et sa modernité.
Chanter dans quatre langues (Hamer, Amharique, Français, Anglais), c’est choisir de ne jamais réduire son message à une seule identité. C’est affirmer, haut et fort, que l’on appartient à tout le monde et à soi-même d’abord.
Son EP 24 marque un premier jalon fort dans sa discographie. Des singles comme Waymala, mot Hamer signifiant « attends », témoignent d’une écriture poétique ancrée dans la philosophie circulaire de son peuple. Son clip Late Night Buna, véritable ode au café éthiopien et à Addis-Abeba, illustre sa capacité à marier l’esthétique visuelle et la narration sonore.
Déjà remarquée sur des scènes qui comptent, Iri Di s’est produite aux côtés de figures majeures des musiques du monde, confirmant à chaque concert que sa place est parmi les grandes non dans leur sillage, mais à leurs côtés, d’égale à égale.
Ancrée à Addis-Abeba par choix et par conviction, Iri Di s’inscrit dans une génération de créateurs éthiopiens qui réinventent les sons traditionnels avec des outils contemporains. Elle y a trouvé sa tribu artistique, et avec elle, la certitude que quelque chose d’inédit est en train de naître. « Addis est vivante, elle est en ébullition, il y a de la musique sur le point d’éclore », dit-elle. Et Iri Di en est l’une des voix les plus singulières.




