Richard Bona — Biographie, Âge, Origine & Discographie
Richard Bona, de son vrai nom Bona Penda Nya Yuma Elolo, est un bassiste, chanteur et compositeur camerouno-américain, né le 28 octobre 1967 à Minta, dans la région du Centre au Cameroun. Considéré comme l’un des plus grands bassistes au monde, il évolue entre jazz fusion, world music et musiques afro-cubaines.
Fiche d’identité
| Champ | Information |
|---|---|
| Nom de scène | Richard Bona |
| Vrai nom (état civil) | Bona Penda Nya Yuma Elolo |
| Date de naissance | 28 octobre 1967 |
| Âge | 58 ans (en 2026) |
| Lieu de naissance | Minta, département de la Haute-Sanaga, région du Centre, Cameroun |
| Pays / Nationalité | Camerounais et américain (double nationalité) ; il détient également la nationalité portugaise |
| Région d’origine | Haute-Sanaga, région du Centre, Cameroun |
| Genre musical | Jazz fusion, world music, ethno-jazz, funk, musique afro-cubaine |
| Instruments | Basse (fretless et 6 cordes), guitare, claviers, percussions, chant |
| Années actives | Depuis le début des années 1980 (débuts locaux) ; carrière solo internationale depuis 1999 |
| Label(s) | Columbia, Sony, Verve, Decca, GRP, Universal, ainsi que sa propre structure Bonayuma Publishing Management |
| Premier album solo | Scenes From My Life (Columbia, 1999) |
| Résidence | New York, États-Unis (depuis 1995) |
| Distinction majeure | Grammy Award (2002, avec le Pat Metheny Group) ; Victoires du Jazz (2004) ; Grand Prix Jazz de la Sacem (2012) |
Biographie
Un enfant prodige né dans une famille de griots
Il y a des artistes qui apprennent la musique. Et il y a Richard Bona, qui, lui, semble être né dedans. Direction Minta, petit village de l’Est-Centre camerounais, en 1967 : c’est là que voit le jour Bona Penda Nya Yuma Elolo, dans une famille où la musique n’est pas un loisir, mais une évidence transmise de génération en génération. Son grand-père est griot et percussionniste, sa mère est chanteuse, autant dire que le petit Richard grandit avec des rythmes en guise de berceuse.
L’anecdote qui revient dans presque toutes les biographies mérite d’être racontée, tant elle a quelque chose de romanesque : enfant capricieux et pleurnichard selon ses proches, le jeune Richard ne trouve le calme qu’au son du balafon. Voyant cela, son grand-père lui en offre un, dès l’âge de quatre ans. Un an plus tard, à cinq ans à peine, le voilà déjà sur scène, enfin, sur l’estrade de l’église de son village, la paroisse Sainte-Croix de Minta, où il se produit aux côtés de sa mère et de ses quatre sœurs. Rapidement, ses talents ne passent plus inaperçus : on le sollicite pour animer baptêmes, mariages et cérémonies dans toute la région.
Et comme souvent chez les grands autodidactes africains, la débrouille devient une école à part entière. D’un milieu modeste, le jeune Richard fabrique lui-même ses instruments : des flûtes et des guitares taillées dans des carapaces de tortues, une guitare à douze cordes bricolée avec… des câbles de frein de vélo dérobés dans un magasin de cycles. On ne s’invente pas virtuose sans un peu de génie créatif, et clairement, Bona en avait à revendre.
Douala, le jazz et une rencontre décisive
Direction ensuite Douala, la capitale économique du Cameroun, où l’adolescent fait danser les cabarets et sèche allègrement les cours pour aller « faire le bœuf » avec des musiciens confirmés comme Jean Dikoto, Vicky Edimo ou Messi Martin. C’est là, au fil de ces nuits électriques, qu’il découvre la basse et un déclic irréversible : en écoutant Jaco Pastorius, le jeune Richard comprend que cet instrument sera le sien.
En 1980, la vie lui tend une occasion en or : un Français propriétaire d’un club de jazz à Douala lui propose de monter un orchestre de jazz de toutes pièces. Problème : Richard Bona ne connaît absolument rien au jazz. Mais qu’à cela ne tienne, ce n’est pas l’argent qui le motive, c’est l’envie viscérale d’apprendre. Il relève le défi, et c’est ainsi que naît, presque par accident, l’un des plus grands bassistes de jazz de sa génération.
L’Europe, les désillusions, et le tremplin new-yorkais
À 22 ans, Bona quitte le Cameroun pour l’Europe. Passage par le conservatoire de Düsseldorf en Allemagne, puis installation en France où il poursuit ses études musicales au conservatoire de Versailles. Dans les clubs de jazz parisiens, il croise la route de pointures comme Didier Lockwood, Jacques Higelin ou encore Manu Dibango, excusez du peu. Mais la vie parisienne se révèle plus compliquée que prévu : en 1995, sans emploi stable, Richard Bona est expulsé de France.
Ce qui aurait pu être une fin tragique se transforme en nouveau départ éclatant. Bona s’envole pour New York, où l’attend rien de moins qu’une consécration mondiale. La ville cosmopolite, reconnaissante envers les talents d’exception, l’accueille à bras ouverts. Il multiplie les prestations dans les clubs de jazz, où il est repéré par Jake Holmes, qui l’engage comme directeur musical des spectacles de l’immense Harry Belafonte. Un tremplin qui va ouvrir toutes les portes.
Une carrière jalonnée de légendes
De cette rencontre découlent des dizaines de collaborations qui donnent le vertige : Joe Zawinul (dont il rejoint le Zawinul Syndicate), Pat Metheny (avec qui il tourne mondialement et remporte un Grammy Award en 2002 pour l’album Speaking of Now), Chick Corea, Herbie Hancock, Michael et Randy Brecker, Sting, Stevie Wonder, Bobby McFerrin, Quincy Jones, Salif Keïta, Cesária Évora, George Benson, Chucho Valdés, Mike Stern, ou encore le mythique Buena Vista Social Club. Une liste à donner le tournis, qui fait de Richard Bona l’un des rares instrumentistes africains à s’être imposé aussi durablement au sommet de la scène jazz mondiale.
Sa carrière solo démarre officiellement en 1999 avec l’album Scenes From My Life (Columbia), un disque qui pose déjà les bases de sa signature : un mariage subtil entre rythmes africains, jazz et pop. Suivent Kaze Ga Kureta Melody (2000), puis Reverence (2001), enregistré avec Pat Metheny et Michael Brecker en personne. En 2003, Munia: The Tale voit la participation vocale du grand Salif Keïta sur deux titres, une rencontre entre deux légendes africaines de générations et de continents musicaux différents.
En mai 2004, il est récompensé aux Victoires du Jazz dans la catégorie « meilleur artiste international de l’année ». L’année suivante, en 2005, sort Tiki, enregistré au Brésil avec la participation du chanteur Djavan et de la chanteuse indienne Susheela Raman, un album qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards dans la catégorie « Best Contemporary World Music Album ». La même année naît également le projet Toto Bona Lokua, trio afro-caribéen formé avec le Martiniquais Gerald Toto et le Congolais Lokua Kanza, une réunion de trois voix, trois cultures, une seule âme musicale.
La suite ? Une discographie riche et sans cesse renouvelée : Bona Makes You Sweat (2008, enregistré en public), The Ten Shades of Blues (2009), l’album acoustique Bonafied (2013, avec un duo remarqué aux côtés de la chanteuse française Camille), et Heritage (2016), exploration en profondeur de ses racines afro-cubaines avec l’ensemble Mandekan Cubano. En 2012, Richard Bona reçoit le prestigieux Grand Prix Jazz de la Sacem, consécration suprême pour un artiste qui a fait de la fusion des cultures sa signature absolue.
Un ambassadeur du monde, toujours connecté au Cameroun
Ce qui frappe chez Richard Bona, au-delà de sa virtuosité technique hors norme, c’est cette fidélité viscérale à ses racines. Malgré une carrière qui l’a conduit sur toutes les plus grandes scènes de la planète, il n’a jamais coupé le cordon avec le Cameroun : il y retourne régulièrement, y soutient des musiciens locaux et y investit dans des projets communautaires. En mars 2018, il ouvre même un club-restaurant. Il a également enseigné l’improvisation jazz à l’université de New York (NYU), transmettant à son tour ce qu’il a lui-même appris dans la douleur et la débrouille d’un village de l’Est camerounais.
Interrogé sur sa philosophie de vie, l’homme se définit lui-même comme un « ambassadeur du monde et aussi étudiant du monde », une formule qui résume à merveille cette curiosité insatiable qui l’a poussé, depuis un petit village de Minta, à devenir l’un des musiciens africains les plus respectés et les plus samplés de la planète jazz.
Discographie (albums solo)
- Scenes From My Life (Columbia, 1999)
- Kaze Ga Kureta Melody (Sony, 2000)
- Reverence (Columbia Europe, 2001)
- Munia: The Tale (Verve, 2003)
- Tiki (2005)
- Toto Bona Lokua (avec Gerald Toto et Lokua Kanza, Sunnyside, 2005)
- Kiki (Decca, 2006)
- Bona Makes You Sweat (Decca, 2008 — live)
- The Ten Shades of Blues (Decca, 2009)
- Bonafied (2013)
- Heritage (2016, avec Mandekan Cubano)
- Baila, Niña (single, 2025)
Récompenses et distinctions
- Grammy Award (2002) : Meilleur album jazz contemporain, pour Speaking of Now avec le Pat Metheny Group
- Victoires du Jazz (2004) : Meilleur artiste international de l’année
- Nomination aux Grammy Awards (2006) : Tiki, catégorie « Best Contemporary World Music Album »
- Antonio Carlos Jobim Award (2009) : Festival International de Jazz de Montréal
- Grand Prix Jazz de la Sacem (2012)
FAQ
Quel âge a Richard Bona ? Né le 28 octobre 1967, Richard Bona a 58 ans en 2026.
Quel est le vrai nom de Richard Bona ? Son nom de naissance est Bona Penda Nya Yuma Elolo.
Quels artistes ont inspiré Richard Bona ou qu’il admire ? Le déclic est venu de Jaco Pastorius, dont le jeu de basse l’a définitivement converti à cet instrument. Il cite également son grand-père griot et sa mère chanteuse comme ses toutes premières influences. Au fil de sa carrière, il a collaboré et échangé avec des figures majeures telles que Joe Zawinul, Pat Metheny, Herbie Hancock, Salif Keïta, Manu Dibango, Chick Corea et Quincy Jones.
Quelle est la région d’origine de Richard Bona ? Il est né à Minta, dans le département de la Haute-Sanaga, région du Centre au Cameroun.
Quel est le style musical de Richard Bona ? Son style mélange jazz fusion, world music, ethno-jazz, funk et musique afro-cubaine, toujours enraciné dans les rythmes africains de son enfance.
Richard Bona a-t-il gagné un Grammy Award ? Oui, il a remporté un Grammy Award en 2002 pour l’album Speaking of Now du Pat Metheny Group, et a également été nommé en 2006 pour son propre album Tiki.
Réseaux sociaux
- Site officiel : richard-bona.com
- Facebook : facebook.com/TheRealRichardBona
- Instagram : @richardbonaofficial
- YouTube : Richard Bona (chaîne officielle)
- TikTok : @richardbonaofficial





